Lettre du Plan Séisme - 1er trimestre 2020, Dans l'actualité de l'infolettre du 1er…

Dans l'actualité de l'infolettre du 1er…Dans l’actualité de l’infolettre du 1er

Dans l’actualité de l’infolettre du 1er trimestre 2020 :

Sismicité   récente
Guadeloupe :

Un séisme   de magnitude   3.9 a eu lieu au nord-est de la ville de Sainte-Rose en Guadeloupe le 29 février 2020 à 18h16 (temps universel). Son foyer   a été localisé à une profondeur de 71km. Ce séisme   d’intensité modérée a été ressenti par quelques personnes, mais n’a pas généré de dommages.

Séismes à Porto Rico :

Depuis le séisme   de magnitude   4.7 du 28 décembre 2019, plus de 900 séismes de magnitude   supérieure à 3 ont frappés le sud-est de la côte de l’île de Porto Rico selon l’USGS?. Parmi eux, le séisme   du 7 janvier de magnitude   6.4, est un des plus important qu’ait connu l’île depuis une centaine d’années. Les répliques   qui ont eu lieu les jours suivants ont conduit les autorités à déclarer l’état d’urgence dans le pays pour faire face aux nombreux blessés et aux importants dégâts causés sur les bâtiments, les routes et le réseau électrique.

Sauvetage des objets sacrés entre deux séismes
Sauvetage des objets sacrés entre deux séismes
(Source : AFP)


C’est dans ce contexte difficile que, le 11 janvier 2020, un nouveau séisme   de magnitude   5.9 a causé à nouveau d’importants dommages. L’institut sismique de Porto Rico a ainsi enregistré près de 1 104 secousses seulement sur les deux premières semaines de janvier, dont 186 étaient perceptibles par la population, c’est-à-dire 6 fois plus que le nombre de secousses enregistrées pour l’année 2019. A ce moment-là, ce sont près de 7 500 personnes qui vivaient sous des tentes en attendant l’aide américaine. Fin janvier, les experts de l’USGS publiaient un rapport dans lequel ils estimaient que les répliques   associées au séisme   du 7 janvier persisteraient pendant plusieurs années, voire plusieurs décennies, même si leur fréquence devrait diminuer au fil du temps.

Croatie :
Le 22 mars dernier, un séisme   de magnitude   5.4, selon l’EMSC, a touché Zagreb la capitale de la Croatie vers 6h du matin. L’épicentre du séisme   est situé à 7 km au nord-est du centre de la ville, à 3 km au sud-ouest de Kasina et à 10 km de profondeur. Plus d’une centaine de répliques   ont suivi cette secousse, dont la plus importante a atteint une magnitude   de 5 une demi-heure à peine après les premières secousses. Dans les vieux quartiers de la capitale, des façades de bâtiment se sont effondrées, et dans le reste de la ville, de nombreuses zones sont sans électricité. Au final, ce sont près de 1900 bâtiments qui sont considérés comme inhabitables et les autorités font état de plusieurs blessés et un mort.

Localisation de l'épicentre du séisme et des témoignages du ressenti des secousses
Localisation de l’épicentre du séisme et des témoignages du ressenti des secousses
(Source : https://www.emsc-csem.org/)


Les Balkans appartiennent à une zone de forte activité sismique où les tremblements de terre sont fréquents. Le séisme   du 22 mars est pourtant le plus important que la région ait connue depuis 1880. Une crise d’autant plus difficile à gérer qu’elle survient pendant le confinement des habitants mis en place par le gouvernement pour lutter contre la propagation du COVID19. Pour leur sécurité, les citoyens étaient donc invités à patienter dans la rue, tout en « maintenant la distance ». <

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Campagnes de mesures grande échelle à Mayotte
Afin de mieux comprendre le phénomène sismo-volcanique en cours, le BRGM?, va entreprendre deux campagnes de mesures de grande ampleur à Mayotte, REFMAORE et May-MT. Elles permettront de mieux connaitre le sous-sol dans la zone active et sous l’ile et fourniront des clés importantes pour la validation des modèles globaux. Les résultats seront mis à disposition du Réseau de Surveillance Volcanologique et Sismologique, dont le BRGM fait partie, en charge de la surveillance du phénomène.

REFMAORE – Campagne de tomographie sismique sur la base d’une série de tirs maitrisés de charges explosives enfouies dans le sol, sur une ligne Est-Ouest traversant l’île de Mayotte. Le long de ce profil, 80 géophones seront installés afin de déterminer la vitesse des ondes et leur distribution dans les premiers kilomètres du sous-sol. Dix séismographes de fond placés au large des côtes compléteront le dispositif. Cette campagne de mesures va permettre d’imager précisément les vitesses de propagation des ondes dans le sol, d’en estimer la variation, et ainsi améliorer la connaissance du sous-sol sous l’ile et en mer. Ces données permettront de calibrer les modèles qui permettent de détecter et localiser les séismes à partir de mesures venant des stations à terre, et de suivre l’évolution du phénomène avec une plus grande précision.

MAY-MT – Campagne de mesures très fines du champ magnétique terrestre naturel à la surface du sol par la pose d’une quinzaine de stations de mesures. Disposées sur une chaine Nord-Sud et Est-Ouest complète, ces stations permettront de modéliser les légères différences du champ magnétique afin d’imager les différentes entités qu’il traverse à des profondeurs de 50 à 100 kilomètres. Des mesures similaires ont déjà été réalisées à Petite-Terre en 2019 et ont permis de déceler la présence de corps géologiques conducteurs à de grandes profondeurs. Des mesures en mer sont également en cours. En amplifiant le dispositif, le BRGM cherche à savoir si de telles formations existent également sous l’île et se prolongent jusqu’au volcan sous-marin détecté à 50 kilomètres des côtes.
Ces mesures fourniront une connaissance plus complète de l’ensemble du système géologique à l’origine des séismes. Il s’agit d’opérations complexes (autorisations, préparation, sécurité, mesures, exploitation des résultats) qui mobilisent des chercheurs et techniciens du BRGM depuis plusieurs mois, et s’appuient sur le déploiement de matériel en mer réalisé par les partenaires du Revosima (notamment Ifremer, IPGP?).
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Réunion d’avancement du projet POCRISC
Le 11 novembre 2019, les départements de Ardèche et de la Drôme étaient frappés par un séisme   considéré comme le plus important en France métropolitaine depuis 1996. Les 26 et 27 février derniers en France se tenait la dernière réunion d’avancement du projet Interreg POCRISC, qui a pour objectif de promouvoir la culture du risque sismique   dans les Pyrénées en développant des approches partagées pour l’évaluation du risque sismique   et des outils d’appui à la prise de décision pour les services chargés de la prévention et de la gestion de ces crises. Cette réunion a permis de réunir l’ensemble des partenaires du projet pour discuter de l’avancement des travaux en cours. Parmi eux, on peut citer le lancement du démonstrateur d’une application sur smartphone facilitant la réalisation et la remontée d’un diagnostic de bâtimentaire d’urgence post-sismique. Le développement de cet outil s’est notamment appuyé sur les retours d’expérience donnés par les organismes en charge de ces diagnostics en cas de crise sismique (ex. AFPS? pour la France) dans les différents pays partenaires. Les travaux d’instrumentalisation de l’hôpital de Bagnères de Bigorre et des bâtiments de la protection civile d’Andorre ont également été présentés ainsi que la mise à jour de la base contenant les données de vulnérabilité   nécessaire au calcul des dommages. Enfin, l’incorporation en temps réel de témoignages dans la mise à jour des ShakeMap des Pyrénées a été discutée.
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Séisme   d’Ardèche de novembre 2019 : un séisme   modéré mais un signal fort nous invitant à mieux nous préparer
Le 11 novembre 2019, les départements de Ardèche et de la Drôme étaient frappés par un séisme   considéré comme le plus important en France métropolitaine depuis 1996.

Sur la commune du Teil, nombre de bâtiments étaient endommagés conduisant à des centaines de sans-abris et à une inquiétude pour la sécurité des habitants. Face à cette situation, les autorités locales demandaient au ministère de l’Intérieur l’activation du dispositif national pour la conduite de diagnostics d’urgence. Ce dispositif a été mis en place par l’Association Française de Génie Parasismique (AFPS) et la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises (DGSCGC?) en 2014. Il permet la mobilisation d’inspecteurs bénévoles formés et habilités par l’AFPS.

Dès le 13 novembre 2019, l’AFPS se rendait sur le terrain. Près de 50 inspecteurs ont travaillé durant 15 jours sur la commune du Teil à la conduite de près de 600 diagnostics. Cette première activation en réel fut un succès. Elle a démontré le caractère opérationnel du dispositif, le niveau d’engagement fort et la réactivité des bénévoles impliqués, ainsi que la pertinence de la méthode utilisée et des formations habilitantes dispensées. Cette expérience témoigne cependant de la nécessité de poursuivre la montée en puissance de ce dispositif national en veillant à une forte augmentation du nombre de volontaires et d’inspecteurs habilités mais également en travaillant à une articulation optimisée avec les primo-intervenants que sont les services de secours. Les collaborations déjà en cours entre l’APFS, le ministère de l’Intérieur et l’Entente Valabre, notamment dans le cadre de projets européens portant sur des diagnostics d’urgence, s’en voient aujourd’hui renforcées. De nouvelles synergies sont identifiées avec les sapeurs-pompiers formés aux risques bâtimentaires. Ce séisme  , bien que modéré, témoigne enfin de l’impérieuse nécessité d’améliorer à court terme notre préparation collective à faire face à de tels évènements et à travailler plus avant sur l’anticipation des actions à mener pour la gestion du post-évènement et du « retour à la normale ».

Affiche de la conférence de retour d'expérience du 27 janvier 2020
Affiche de la conférence de retour d’expérience du 27 janvier 2020
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Le chiffre : 80
C’est la longueur en km de la ligne sur laquelle seront réalisés les mesures sismiques de la campagne REFMAORE.
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