Lettre du Plan Séisme - 4e trimestre 2020, Actualités

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Dans l’actualité de l’infolettre du 4e trimestre 2020 :

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Séisme   du Teil, un an déjà
Le 11 novembre 2019, peu avant midi, survenait le long de la vallée du Rhône, à la lisière entre Ardèche et Drôme, le plus important séisme   enregistré en France métropolitaine depuis près de 25 ans et le séisme   d’Epagny de 1996. De magnitude   Mw 4.9, ce séisme   - dit « du Teil » - a atteint une intensité épicentrale de VIII, et a causé d’importants dégâts, faisant de lui le séisme   le plus destructeur depuis le séisme   d’Arette survenu en 1967 dans les Pyrénées.
Dommages au bâti encore visible dans les rues du Teil, un an après le séisme
Dommages au bâti encore visible dans les rues du Teil, un an après le séisme
(Source : BRGM?, S. Auclair)


Le 11 novembre 2020, à 11h52, un an exactement après le séisme  , la sirène de la commune du Teil a retenti pour marquer le début d’une cérémonie de commémoration en présence du ministre des Comptes Publics et du maire du Teil, mais en comité restreint du fait du confinement. Du fait de l’importance des dégâts, principalement sur la commune du Teil, mais également dans les communes voisines comme à Saint-Thomé et Viviers, les stigmates demeurent encore bien visibles, et nombre d’habitants n’ont pas encore pu regagner leurs maisons. Pour faire face à cette situation inédite, l’Etat a nommé en Ardèche une préfète en charge de la gestion postsismique, qui pilote notamment les actions de relogement et coordonne l’aide de l’état à la reconstruction dans la commune du Teil.

Le séisme   du Teil illustre de manière très forte que le risque sismique   est la résultante entre un aléa d’une part, et des enjeux vulnérables d’autre part. S’agissant de l’aléa lui-même, ce séisme   est très atypique, de telles magnitudes étant habituellement liés à des ruptures de faille   à plusieurs kilomètres de profondeur, alors que cet évènement a au contraire été extrêmement superficiel, se traduisant par des secousses très violentes à l’épicentre. Mais la violence des secousses ne suffit pas seule à expliquer l’ampleur des dégâts constatés. En effet, comme le souligne le rapport de retour d’expérience de l’AFPS, l’essentiel des bâtiments endommagés ont été des bâtiments anciens en maçonnerie, parfois vétuste, particulièrement vulnérables aux séismes, alors que les bâtiments plus récents construits après l’apparition des règles parasismiques ont au contraire dans l’ensemble bien résisté. Cela souligne une nouvelle fois l’importance du respect de ces règles, et des politiques de réduction de la vulnérabilité   du bâti.

Face à cet événement d’exception la communauté scientifique française s’est largement mobilisée, et mène depuis un an d’importants travaux visant par exemple à mieux comprendre l’activité sismique des failles régionales, à évaluer le risque de rupture de ces failles en surface, ou encore à mieux cerner les moteurs de l’activité sismique dans les régions à sismicité   faible à modérée (cf. article du réseau sismologique et géodésique français RESIF).

Tranchée réalisée pour étudier les mouvements passés de la faille de la Rouvière
Tranchée réalisée pour étudier les mouvements passés de la faille de la Rouvière
(source : France Télévision)

Sismicité   récente
Saint-Martin :
Un séisme   de magnitude   4.3 s’est produit au nord de l’arc Antillais à 17 km au large de Saint-Martin le 12 novembre, à 16h35 heure locale. L’épicentre a été localisé à 100 km de profondeur et a été ressenti par une dizaine de personnes sur l’île, selon le BCSF?.

Mayotte :
Le 10 novembre 2020, un séisme   de magnitude   5.3 a secoué l’île de Mayotte à 12h19, heure locale. Selon le REVOSIMA, l’épicentre a été localisé à 22 km à l’est de Dzaoudzi, en mer, et à 44km de profondeur. Bien que l’île soit régulièrement sujette à des séismes depuis 2 ans, cette secousse est la plus importante enregistrée depuis mai 2018. Elle n’a cependant pas causé de dégâts et a globalement été peu ressentie, comme en témoigne le nombre restreint de témoignages recensé par le BCSF.

Turquie :
Le 30 octobre dernier, un séisme   de magnitude   7 a frappé en pleine mer Egée, au nord-est de l’île de Samos en Grèce à 13h51 (heure locale). Selon l’Institut de d’études géologiques des États-Unis (USGS), l’épicentre de ce séisme   est localisé à 20 km de profondeur et à 15km des côtes de Samos sur une faille   normale située à l’extrémité ouest de la plaque anatolienne. Ce séisme   a été suivi de près de 3275 répliques   et a provoqué un petit tsunami   qui a balayé les côtes de l’île de Samos et la ville côtière d’Izmir en Turquie.

Ce séisme   survient dans une région parmi les plus complexes au monde d’un point de vue sismotectonique avec, au sud, la plaque africaine qui plonge sous la plaque eurasienne, et la microplaque anatolienne qui se déplace vers l’Est. Une des conséquences de ces mouvements est l’apparition fréquente de séismes de magnitude   importante. Ainsi, près de 29 séismes de plus de magnitude   6 ont été recensés dans la région ces 100 dernières années.

Les secousses ont été ressenties à plusieurs centaines de kilomètres de l’épicentre, jusqu’à Istanbul et Athènes. Les dégâts sont importants, avec de nombreux bâtiments abîmés et même effondrés. Malgré le déploiement d’équipes de secours pendant les 5 jours qui ont suivi le séisme  , plus d’une centaine de personnes sont mortes et plus d’un millier d’autres ont été blessées, ce qui fait de ce séisme   le plus meurtrier qu’ait connu la Turquie depuis le séisme de Van en 2011.
Bâtiment effondré à Izmir, Turquie, suite au tremblement de terre
Bâtiment effondré à Izmir, Turquie, suite au tremblement de terre
(source : ApChrKey - Wikipedia)

Activation du protocole POSCRISC pour l’enregistrement des répliques   de la crise sismique de Navarre
Au petit matin du 1er octobre 2020, se sont produits 3 séismes de magnitudes Mw 4.5, 4 et 4.4, près de Pampelune, en Espagne, qui ont été largement perçus dans leur zone épicentrale et plus largement dans toute la zone pyrénéenne. Ces tremblements de terre font partie d’une séquence sismique qui a débuté le 19 août dernier (IGN). Les caractéristiques de ces séismes (magnitude   et impact sur la population) ont conduit à la première activation du protocole d’intervention postsismique pyrénéen, pour l’enregistrement des répliques  . Etabli dans le cadre du projet Interreg POCRISC, ce protocole d’intervention fait intervenir des partenaires français, espagnols et andorrans (cf. guide complet guide complet de coordination et de mise en œuvre).Dans ce cadre, une équipe coordonnée par l’Institut Cartographique et Géologique de Catalogne (ICGC) et composée de représentants de l’ICGC, de l’Institut Géographique Espagnol (IGN) et de l’Observatoire Midi-Pyrénées (OMP) s’est rendue le 2 octobre dernier sur la zone épicentrale pour installer 9 stations sismiques temporaires, dans le respects des règles établies pour lutter contre la COVID19. De fait, le protocole a dû être légèrement réadapté pour tenir compte du contexte et des consignes sanitaires et, par exemple, éviter la création des groupes de travail mixtes et multilingues initialement prévus.
Distribution des intensités macrosismiques dans les localités espagnoles où le séisme de Mw 4.5 a été ressenti
Distribution des intensités macrosismiques dans les localités espagnoles où le séisme de Mw 4.5 a été ressenti
(Source : IGN)


Quelques semaines après l’installation du réseau d’intervention, des inspections ont été réalisées pour vérifier le bon fonctionnement des sismomètres. La crise sismique étant toujours active, l’ICGC a profité de l’occasion pour installer des modems et des panneaux solaires sur toutes ses stations sismiques afin de garantir la récupération des données et l’alimentation électrique des équipements à plus long terme. Les données acquises permettront d’identifier avec plus de précision la source de ces séismes et de suivre l’évolution temporelle et spatiale de la crise sismique, des informations particulièrement intéressantes, à la fois du point de vue sismologique et de celui de la gestion de crise.

Lien vers le projet POCRISC

Le chiffre : 150
C‘est le montant, en million d’euros, estimé des dommages assurés causés par le séisme   du Teil en novembre 2019 selon la CCR.

QUEZACO ?

|Asthénosphère  
Le manteau terrestre est la couche intermédiaire entre le noyau et la croûte   terrestre. La partie supérieure du manteau se décompose en deux régions :
La lithosphère   correspond à la croûte   terrestre associée à la partie externe du manteau suffisamment « froide » pour avoir un comportement rigide et « cassant », découplé du manteau convectif sous-jacent.
L’asthénosphère   correspond à la part du manteau supérieur sous-jacent à la lithosphère   plus chaud avec un comportement des roches moins rigide et plus ductile.
La limite lithosphère  /asthénosphère   se situe entre 100 et 670 km de profondeur et correspond approximativement à l’isotherme 1300°C.

Structure du globe terrestre
Structure du globe terrestre
(Source : https://www.maxicours.com/)