Lettre du Plan Séisme - 2e trimestre 2020, Actualités

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Dans l’actualité de l’infolettre du 2e trimestre 2020 :

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Sismicité   récente
Haute-Savoie :
Un séisme   de magnitude   locale 4.1 a eu lieu le 23 juin dernier à 8h25 heure locale près de Vallorcine, village de la vallée de Chamonix. L’épicentre de ce séisme   est situé entre 5 et 6 km de profondeur par le RéNaSS?. Ce séisme   d’intensité modérée a été ressenti par de nombreuses personnes dans la vallée, comme le montre les nombreux témoignages reçus par le Bureau Central Sismologique Français (BCSF?), mais n’a pas généré de dommages.
Estimation régionale de la sévérité des secousses du séisme haut-savoyard du 23 juin 2020, à partir des données instrumentales et macrosismiques
Estimation régionale de la sévérité des secousses du séisme haut-savoyard du 23 juin 2020, à partir des données instrumentales et macrosismiques
(Source : BCSF?)


Ouest de la Bretagne :
Le 27 juin 2020, un séisme   de magnitude   locale 4.4 a eu lieu au large de la Bretagne à 12h59 heure locale. Ce séisme   était relativement important, puisqu’il s’agit du séisme   dont la magnitude   est la plus importante enregistrée en métropole depuis le séisme   du Teil en novembre 2019. Cependant, l’épicentre était localisé en mer, à un peu plus d’une centaine de kilomètres au sud-ouest de Camaret-sur-Mer, et à 10 km de profondeur selon le RéNaSS. Selon le Bureau Central Sismologique Français il n’a pas causé de dommages mais a généré des secousses qui ont été ressenties jusque sur la côte où une cinquantaine de témoignages ont été recueillis.

Mexique :
Le 23 juin 2020, à 22h40 heure locale, un fort séisme   de magnitude   7.4, selon l’USGS?, secoue le sud du Mexique. L’épicentre est situé à Crucecita, dans l’Etat d’Oaxaca, et à 20km de profondeur. L’importance de ce séisme   a mené au déclenchement d’une alerte tsunami   dans l’ensemble de l’Amérique centrale et à une alerte sismique dans la capitale, qui a poussé de nombreux habitants à descendre dans les rues en urgence. La secousse a effectivement touché plusieurs quartiers de Mexico, où plusieurs bâtiments ont tremblé pendant plusieurs secondes, sans provoquer de dommages majeurs. Les dégâts ont cependant été plus importants dans les villes plus proche de l’épicentre où plusieurs blessés et décès sont à déplorer à cause de l’écroulement de bâtiments. Cette région est connue pour son activité sismique et recense une dizaine de séismes de cette ampleur depuis le début du XXe siècle, qui sont associés aux mouvements tectoniques ayant lieu aux limites des plaques Cocos et Nord-Américaine. <

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Confinement et bruit sismique
Au court du mois d’avril, plusieurs observatoires sismologiques dans le monde ont relevé une chute du « bruit sismique », c’est-à-dire des vibrations du sol liées à des phénomènes naturels, comme les vagues dans l’océan, mais aussi à l’activité humaine, la circulation sur les routes, les trains, les industries, les générateurs. En France, selon les sismologues de l’Ecole et Observatoire des Sciences de la Terre (EOST), l’ensemble du territoire, qui est couvert par plus d’une centaine de stations sismiques, a connu une réduction de 25% de bruit sismique en moyenne, une diminution qui a pu être beaucoup plus forte dans certaines grandes villes.

A Paris, les enregistrements d’un sismomètre  , installé dans la cave du pavillon Curie de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) ont ainsi montré une réduction de 38% du bruit sismique à haute fréquence (4 -14 Hz – donc lié aux activités humaines) depuis le 17 mars à midi, date de la mise en place du confinement.

C’est l’activité humaine qui est suspectée d’être à l’origine de ce bruit et son évolution. Cette hypothèse peut être confirmée par plusieurs indices, comme l’alternance jour-nuit du signal et sa légère baisse à la pause méridienne, lors de la pause déjeuner. Suite à la mise en place des mesures de restriction de déplacements, les experts ont également constaté une plus faible différence entre les jours de la semaine et les week-ends, et, depuis le 26 mars jusqu’à début avril, une baisse du bruit diurne et nocturne due à la réduction des transports en commun.
Les relevés du bruit sismique à la station Curie, à Paris, au 13 avril
Les relevés du bruit sismique à la station Curie, à Paris, au 13 avril
(Source : IPGP?)


La diminution du bruit sismique n’est en soi pas exceptionnelle, puisqu’elle est observée à certaines périodes, comme les vacances d’hiver. Elle est cependant inédite de par sa durée et sa permanence. C’est également la première fois que ce phénomène est observé partout dans le monde, en même temps.

Pour les sismologues, cette situation a permis d’observer de plus petits séismes, de magnitude   inférieure à 1, qui sont habituellement masqués par le bruit sismique. Chacun d’entre eux est une information qui leur permet de comprendre les failles sismiques qui pourraient, un jour, générer des séismes plus importants. Dans une région comme Paris, qui est l’une des moins sismique de France, une étude approfondie de ces petits événements sismiques permettrait également de mieux comprendre la tectonique du bassin Parisien.

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Avancement du Capris Pyrénées
Suite au plan « séisme   » de 2005 à 2010, le Conseil d’Orientation pour la Prévention des Risques Naturels Majeurs (COPRNM?) avait soutenu la nécessité d’élaborer un nouveau Cadre d’action pour la prévention des risque (CAPRIS) et proposé un certain nombre d’orientations pour pérenniser et poursuivre les efforts réalisés en matière de réduction des risques sismiques. Ce cadre a été finalisé en 2013 par la Direction Générale de la Prévention des Risques (DGPR?) et la Direction Générale de l’Aménagement, du Logement et de la Nature (DGALN?), et devait être décliné dans les régions concernées par le risque sismique   pour continuer à réduire leur vulnérabilité  .

Début 2020, le premier cadre d’actions pour la prévention du risque sismique   dans les Pyrénées a été approuvé. Il s’inscrit dans la continuité des actions menées jusqu’alors et fixe le cap en matière de prévention du risque sismique   pour l’ensemble des départements du massif jusqu’en 2023.


C’est un travail qui a été réalisé à l’échelle inter-régionale du massif des Pyrénées par la DREAL? Occitanie, en associant notamment les préfectures, les DDT?(M), le Commissariat de Massif, la DREAL Nouvelle-Aquitaine et le BRGM? et qui a fait l’objet d’une large concertation auprès des services de l’État, des collectivités territoriales, des professionnels de la construction, des assureurs, des chambres consulaires, du monde associatif et du grand public. Les déclinaisons départementales du CAPRIS s’engageront dès 2020, sous la coordination de la DREAL Occitanie. Elles permettront de préciser et de prioriser les actions les plus pertinentes, en lien avec les parties prenantes locales, de façon proportionnée et adaptée aux moyens et aux enjeux loacaux.
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Publication de la base de données « Failles potentiellement actives »
L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN?) a publié en juin 2020 une base de donnée en libre accès sur les failles potentiellement actives en France Métropolitaine (BDFA). Véritable photographie des données disponibles en 2014, cette élaboration a bénéficié du soutien du Ministère de la transition écologique et solidaire.

La base de données BDFA est une représentation cartographique des failles connues et susceptibles de produire des séismes dans le futur sur le territoire français métropolitain. Elle résulte d’une synthèse bibliographique incluant les cartes géologiques, publications et rapports scientifiques disponibles en 2014. Le champ d’investigation de cette synthèse a été principalement focalisé sur les failles cartographiées sur plus de 10km de longueur en surface et dont tout ou partie se trouve dans un rayon de 50km autour des installations nucléaires de bases. Comme cette base correspond à l’état des connaissances en 2014, il est possible que des séismes futurs se produisent sur des failles non identifiées dans la base de données. A titre d’exemple, ce fut le cas pour le séisme   survenu le 11 novembre 2019 sur la commune du Teil qui s’est produit sur une telle faille  , nommée la faille   de Rouvière. Il est toutefois à noter que cette faille   appartient au faisceau de la faille   des Cévennes, dont certains segments sont considérés comme potentiellement actifs dans la BDFA (faille   des Cévennes, Faille   de Saint Montan et faille   de Marsanne).
Base de donnée en libre accès sur les failles potentiellement actives en France Métropolitaine
Base de donnée en libre accès sur les failles potentiellement actives en France Métropolitaine
(Source : IRSN?)


Identifier et caractériser les failles ayant eu une activité depuis le Pliocène (5 millions d’années) est une étape fondamentale pour évaluer l’aléa sismique  . En combinant cette information avec les données historiques et instrumentales, les sismologues sont capables d’estimer la probabilité d’apparition d’un séisme   de magnitude   donnée dans une région particulière. Dans le cadre de la sûreté nucléaire, cette démarche est notamment préconisée par les guides tels que la règle fondamentale de sûreté en vigueur en France.

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Des séismes, des smartphones et des collégiens
Il n’est pas toujours facile de trouver un bon moyen d’appréhender l’études des sismogrammes, c’est à dire de l’enregistrement des ondes sismiques qui se propagent lors d’un séisme  , à des élèves du secondaire. Sur son blog, Fabien Nguyen, enseignant de SVT, actuellement en détachement à Monaco, décrit une activité pédagogique qui s’appuie sur l’application gratuite VibrometerTM pour l’étude des ondes sismiques avec ses collégiens.

Les smartphones sont, en effet, équipés de plusieurs capteurs, dont un accéléromètre qui est habituellement utilisé pour mesurer les changements de vitesse et de position du téléphone (verticale ou horizontale, direction du déplacement etc.). L’application VibrometerTM utilise cet accéléromètre pour mesurer et tracer en temps réel les mouvements du sol dans les trois directions de l’espace. Cette caractéristique en fait un outil pédagogique puissant, que les élèves peuvent facilement installer sur leur smartphone et qui leur permet de simuler le tracé de sismogrammes pour des séismes d’intensité différentes.

Pour aller plus loin, l’enseignant opte aussi pour des briques LegoTM afin de « faire apprécier les dégâts causés aux constructions humaines » lors d’un séisme  . L’enseignant peut en effet demander aux élèves de réaliser des constructions selon des recommandations qui mettront en évidence les effets des séismes. L’utilisation de plusieurs smartphones placés à des endroits stratégiques illustre les différences de mouvements du support des LegoTM, et donc du sol, qui lors des séismes peuvent causer des dégâts différents sur les constructions. Ainsi, l’enseignant a la possibilité d’amener ses élèves à réfléchir et débattre sur des concepts aussi variés que l’urbanisme, les dispositifs parasismiques ou même les effets de site  .
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Le chiffre : 136
C ‘est le nombre de failles potentiellement actives répertoriées par l’IRSN dans sa base de données en France métropolitaine.
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QUEZACO ?
Faille   active

La rupture sismique, à l’origine du mouvement du sol, s’initie et se propage le long d’une discontinuité de la croute terrestre que l’on appelle une faille  . Une faille   est dite « active » dès lors qu’une rupture (ou un glissement) s’est produite à une période récente (historique ou quaternaire) et dont on présume qu’elle pourrait engendrer un séisme   au cours d’une rupture future.

En fonction du contexte sismotectonique, la période examinée pour statuer de l’activité d’une faille   est variable : dans les zones très actives, la pratique conduit à prendre en compte une période limitée aux 10 000 dernières années, tandis que dans les zones peu actives (comme la France métropolitaine par exemple), des périodes plus longues (de quelques centaines de milliers à quelques millions d’années) sont considérées nécessaires pour révéler de façon fiable la potentielle activité des failles et couvrir la durée nécessaire à l’accumulation, puis le relâchement de la contrainte tectonique.

A titre d’illustration, pour une faille   qui présente une vitesse de glissement de 0,01 mm/an (représentative de ce qui peut être observé en France métropolitaine), il faut environ 100 000 ans pour accumuler 1m de déplacement. C’est ce déplacement que les géologues devront retrouver sur le terrain au travers de l’étude de zones qui auront été préservées de l’érosion et de l’anthropisation.

Rupture en surface, observée suit au séisme du Teil du 11 novembre 2019
Rupture en surface, observée suit au séisme du Teil du 11 novembre 2019
(Source : BRGM?)
Plus de définitions dans le glossaire du Plan Séisme
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