Lettre du Plan Séisme - 4e trimestre 2018, Actualités

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Dans l’actualité de l’infolettre du 4e trimestre 2018 :

Actualités Vers une refonte du site internet du Plan Séisme  
Le site du Plan Séisme   a désormais plus de dix ans. Après une refonte fin 2010, il existe dans sa forme actuelle depuis huit ans. Pour lui permettre de continuer à jouer son rôle de site d’information de référence sur le risque sismique  , il est prévu d’engager en 2019 un important travail de refonte.
Il s’agira non seulement d’améliorer l’ergonomie du site, mais également de revoir le dispositif d’accès à l’information sur le risque sismique   en tenant compte des usages et des besoins, en s’insérant de manière cohérente dans l’écosystème national d’information sur les risques naturels.
A cet effet, une enquête en ligne a été lancée au courant du mois d’octobre. Grâce à votre participation et aux contributions reçues, nous espérons que la prochaine refonte du site répondra encore mieux à vos attentes.
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Sismicité   récente
Séisme   Indonésie : Le 28 septembre 2018, un séisme   de magnitude   7.5 est survenu le long de la côte de l’île indonésienne des Célèbes. Trompeusement éloignée du séisme   (distance épicentrale   de près de 80 kilomètres), la ville de Palu a été ravagée par le séismes et ses effets induits   (cf. dossier). Mais des séismes de telles magnitudes traduisent en fait la rupture de failles sur des longueurs de plusieurs centaines de kilomètres, et de fait la ville de Palu était située sur l’emplacement même de la faille   qui a rompu. Lors du séisme   la moitié est de la ville s’est déplacé localement de plus de sept mètres vers le nord, alors que sa moitié ouest s’est-elle déplacée d’environ trois mètres vers le sud.

Mouvement relatif des deux parties de la ville de Palu situées de part et d'autre de la faille activée lors du séisme du 28 septembre 2018
Mouvement relatif des deux parties de la ville de Palu situées de part et d’autre de la faille activée lors du séisme du 28 septembre 2018
Source : V. Sotiris



De plus, les violentes secousses sismiques ont été suivies d’immense mouvements gravitaires et de liquéfaction   des sols, ainsi que d’un tsunami   qui a déferlé sur le rivage.

Au total, le bilan humain encore incertain s’élève à plusieurs milliers de morts.

Séisme   au large de la Martinique : Un séisme   de magnitude   5,4 selon l’USGS? a frappé la Martinique le 28 septembre 2018 peu après huit heure trente du matin en heure locale. D’après l’Observatoire Volcanique et Sismologique de la Martinique (OVSM?), l’épicentre de ce séisme   a été localisé à environ 10 km de profondeur et 74 km à l’est-nord-est de Trinité. Ce séisme   a été largement ressenti en Martinique et en Guadeloupe avec une intensité maximale préliminaire estimée à V au centre de la Martinique (Gros Morne) selon le Bureau Central Sismologique Français (BCSF?) sur la base d’environ cinq-cents témoignages recueillis dans la zone.

Poursuite de la crise sismique à Mayotte : Comme indiqué dans les précédentes infolettres, Mayotte est secouée depuis le 10 mai 2018 par les incessantes secousses d’un essaim sismique. A ce jour, le phénomène est toujours en cours avec plus de 1 900 séismes détectés par la station accélérométrique située à Mamoudzou, dont plus de 350 présentent une magnitude   supérieure à 4 et une trentaine présentent une magnitude   supérieure à 5.

L’analyse des données GPS disponibles sur l’île (4 stations gérées par l’IGN) montrent depuis juillet un déplacement de l’ensemble de ces stations d’environ 50 mm vers l’est et d’environ 25 mm vers le bas. Ces déplacements terrestres ont fait l’objet d’une analyse par l’ENS? (Ecole Normale Supérieure). Les données GPS et les derniers signaux sismiques observés laisseraient plutôt penser en première hypothèse à une origine volcanique. Cette hypothèse reste à valider par de futurs travaux scientifiques.

En haut : localisation des séismes de magnitude supérieure à 3.8 depuis le début de la crise jusqu'au 29 octobre. En bas : abaissement mesuré par les stations GPS
En haut : localisation des séismes de magnitude supérieure à 3.8 depuis le début de la crise jusqu’au 29 octobre. En bas : abaissement mesuré par les stations GPS
Sources : BRGM? et Nevada Geodetic Laboratory



Depuis plusieurs mois, la communauté scientifique se fédère pour comprendre le phénomène et répondre aux interrogations qui en découlent. Le déploiement de nouveaux instruments à terre et en mer afin d’améliorer la détection et la localisation des séismes observés est à l’étude. En parallèle à cette mission d’observation, une demande de campagne océanographique a été faite afin d’explorer à la fois la zone de l’essaim entre Mayotte et Madagascar et, plus largement, la région des Comores.

Pour en savoir plus

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Atelier du projet RISVAL
Le territoire transfrontalier entre l’Italie et la France est caractérisé par un aléa sismique   modéré, se traduisant par une activité sismique régulière mais le plus souvent de faible ampleur. Malgré la relative rareté des séismes destructeurs survenant sur ce territoire, l’occurrence d’une telle catastrophe n’est pas à exclure, ce qui pose la question de notre capacité collective à l’affronter. Se préparer à faire face à un tel événement dont les conséquences pour la population, l’économie et l’environnement seraient dramatiques de part et d’autre de la frontière, est une mission essentielle de l’ensemble des acteurs régionaux concourant à la gestion du risque sismique  . Cette préparation - qui constitue l’objectif du projet Interreg RISVAL- est d’autant plus importante dans le contexte de sismicité   modérée qui est celui de l’arc Alpin, que les périodes de retour des séismes destructeurs limitent l’expérience des services concernés, et ne favorisent pas la mise en place d’outils et de procédures adaptés.

Dans ce contexte, le BRGM?, la préfecture des Alpes-Maritimes et la DTTM ont organisé à Nice, les 26 et 27 septembre derniers, le second atelier du projet RISVAL. Rassemblant pendant deux jours plus d’une quarantaine de participants français, italiens et espagnols, cet atelier a permis de susciter un dialogue entre les différents acteurs impliqués dans la gestion opérationnelle du risque sismique   (protections civiles, autorités locales et nationales, services de secours, experts, etc.), et de favoriser une confrontation des pratiques tirant profit des retours d’expériences de chacun.

Deux sujets centraux de la gestion des crises sismiques étaient mis à l’honneur : celui des outils d’estimation rapide des dommages et des pertes potentielles, et celui des outils numériques nécessaires à la conduite de diagnostics bâtimentaires d’urgence en masse.
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Participants à l'atelier RISVAL (en haut) et à la formation AFPS « Urgence »
Participants à l’atelier RISVAL (en haut) et à la formation AFPS « Urgence »
Sources : BRGM?, AFPS?

Formation des inspecteurs « urgence » de l’AFPS? à Nice
Le dispositif « urgence » de l’AFPS a pour mission d’appuyer les autorités en cas de survenue d’un séisme  , par la réalisation de diagnostics bâtimentaires d’urgence permettant d’évaluer la possibilité de réintégrer des bâtiments potentiellement endommagés. Ce dispositif repose sur un réseau d’inspecteurs volontaires bénévoles ayant suivi une formation initiale habilitante de 4 jours dispensée par l’AFPS.

Intervenant une semaine après l’atelier RISVAL, la dernière session de cette formation a eu lieu du 2 au 5 octobre 2018 à Nice. A l’issue de cette formation organisée avec le soutien de la DDTM des Alpes-Maritimes, le dispositif urgence s’est enrichi de vingt-deux nouveaux inspecteurs habilités aux profils variés (ingénieurs, agents de l’État, associations, collectivités).

Cette formation entre dans le cadre du plan d’action départemental sur la prévention du risque sismique   et porte à près de 60 le nombre d’inspecteurs formés et habilités sur le département des Alpes-Maritimes.
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Séminaire SISM@LP-Swarm
Observés depuis 30 ans par le réseau SISMalp, plusieurs essaims sismiques actifs existent dans les Alpes françaises, dans la Maurienne, l’Ubaye, ou encore dans la Vallée de Chamonix. L’analyse pertinente des processus mis en jeu, une pédagogie ciblée et une communication maitrisée sont les ingrédients permettant d’aborder ces crises particulières de façon efficace. Ce sont là les objectifs des projets URBASIS-Décision et SISM@lp-Swarm qui, avec les collectivités locales, les élus et les populations, envisagent de co-construire des solutions pour informer et représenter les phénomènes sismiques, en s’interrogeant en particulier sur la responsabilité des uns et des autres en cas de crise.

Le lancement du projet SISM@LP-Swarm a donné lieu le 19 octobre 2018 à Grenoble, à la tenue d’un séminaire « Science - Décision - Action » sur le thème « Risque sismique   : Organisation, réglementation, responsabilité ». Organisé avec le soutien du projet URBASIS-Décision financé par la Fondation MAIF, ce séminaire a réuni une quarantaine de participants composés d’élus, de représentants de la préfecture de Savoie, d’assureurs, de juristes, de services de secours, de scientifiques…

SISMALP

Très riche en échanges, cette journée a permis de souligner le réel besoin d’information des publics concernés par ce risque (élus, services de l’état, techniciens etc.) Cette information est en effet nécessaire pour se faire une représentation concrète et réaliste de ce risque potentiellement dévastateur qui se manifeste rarement. C’est précisément l’objectif de ces rencontres « Science – Décision - Action » qui seront renouvelées tout au long du projet SISM@LP-Swarm. Un séminaire sur chacun des territoires d’étude sera organisé, ce temps de travail collectif rassemblant sur une journée l’ensemble des acteurs de la gouvernance du risque sismique   - scientifiques, techniciens des différentes collectivités, élus, représentants de la population – pour instaurer un dialogue sur les risques qui permette d’initier la co-construction des protocoles d’échange, de diffusion et de hiérarchisation des informations.
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Biennale du RAP?
Les différents organismes participant au Réseau Accélérométrique Permanent français (RAP) se sont réunis à Lourdes du 6 au 8 Novembre à l’occasion de la 9e Biennale du RAP. Ces Journées techniques et scientifiques, organisées tous les deux ans, permettent à la communauté sismologique française d’échanger sur les derniers résultats scientifiques et les évolutions techniques envisagées dans le cadre du réseau afin de répondre aux besoins des utilisateurs des données. Ces journées abordent les différents thèmes qui concernent l’aléa et la vulnérabilité   sismiques en France et les objectifs du réseau pour les années à venir y sont discutés.

Mais ce fut également l’occasion pour les spécialistes d’échanger avec le public au cours de plusieurs événements organisés en marge de la biennale : deux conférences publiques ainsi que la célébration du 5e anniversaire de la Maison de la Connaissance du Risque Sismique   située à Lourdes.

Cette année, ces journées ont été organisées avec le soutien du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, de RESIF? (Réseau Sismologique Français), de la DDT? des Hautes Pyrénées et de la ville de Lourdes.
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Le chiffre : 5
C’est l’âge de la Maison de la Connaissance du Risque Sismique  , inaugurée à Lourdes le 29 mars 2013.
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