Lettre du Plan Séisme - 3e trimestre 2018, Actualités

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Dans l’actualité de l’infolettre du 3e trimestre 2018 :

Les bleus font trembler la France
La victoire de l’équipe de France en finale de la coupe du monde de football, dimanche 15 juillet, a été très bien enregistrée par les sismomètres. En cause ? La vibration des supporters et non celle de la Terre.

Assez logiquement, ce sont les quatre buts français qui sont les plus visibles sur les enregistrements sismiques réalisés en France, alors qu’à Zagreb le sol n’a semble-t-il tremblé que pour le premier but Croate.
Sismogrammes enregistrés à Zagreb et Strasbourg pendant la finale
Sismogrammes enregistrés à Zagreb et Strasbourg pendant la finale
Source : Jérôme Vergne


L’auteur de ces analyses, le sismologue Jérôme Vergne, précise également que le niveau de bruit ambiant était particulièrement bas pendant la durée du match, des millions de français étant devant leur poste de télévision plutôt que dans leurs voitures. Au contraire, le coup de sifflet final venant consacrer la victoire a marqué un regain de vibrations…


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Crise sismique à Mayotte
Comme indiqué dans la précédente infolettre du 2nd semestre 2018, Mayotte est secouée depuis le 10 mai 2018 par les incessantes secousses d’un essaim sismique. A ce jour, plus de 1000 séismes ont été détectés par la station accélérométrique située à Mamoudzou, dont plus de 400 présentent une magnitude   supérieure à 4 et plus de 30 présentent une magnitude   supérieure à 5.

Carte de localisation des principaux séismes de l'essaim sismique en cours à Mayotte
Carte de localisation des principaux séismes de l’essaim sismique en cours à Mayotte
Source : BRGM?



Les séismes les plus forts ont été localisés en mer, dans une zone située à 50-60 km à l’Est de Mamoudzou. Compte tenu de la distance, ce sont essentiellement les séismes de magnitude   supérieure à 4 (plusieurs centaines jusqu’à présent) qui ont été ressentis par la population.

Mardi 15 mai à 18h48 heure locale, le plus fort séisme   jamais enregistré dans la zone des Comores a été détecté. Il a atteint une magnitude   5.8 et a été très largement ressenti sur toute l’île de Mayotte. La préfecture de Mayotte a fait état de trois blessés légers et de possibles dégâts sur des bâtiments vulnérables. La secousse a été ressentie également dans d’autres îles des Comores.

Ce séisme   a été suivi par une phase d’activité très intense entre le 30 mai et le 8 juin avec plus de 200 séismes de magnitude   supérieure à 4 détectés sur la station de Mamoudzou. Depuis le 9 juin, puis plus encore depuis le début du mois de juillet, l’activité s’est considérablement ralentie mais reste toujours en cours avec la détection de plusieurs séismes de magnitude   supérieure à 3 par semaine.

Nombre journalier de séismes en fonction de leur magnitude
Nombre journalier de séismes en fonction de leur magnitude
Source : BRGM?



Les travaux de détection et de localisation des séismes ont été rendus possibles notamment grâce aux trois stations du Réseau Accélérométrique Permanent (RAP?) gérées par le BRGM? et implantées à Mamoudzou, Dzaoudzi et Iloni, ainsi qu’à trois stations du Karthala gérées par l’Observatoire des Comores, avec l’appui de l’IPGP?, et certaines stations des réseaux internationaux installées à Madagascar et au Kenya. En juin, plusieurs stations ont pu compléter le dispositif avec l’installation d’une station du réseau Sismo A l’Ecole à Chiconi le 21 juin, et l’installation de deux stations miniaturisées « Raspberryshake » par le BCSF? à Dzaoudzi et Koungou dans le cadre de la mission de son groupe d’intervention macrosismique, le GIM.

Rapport de mission du GIM, et station sismique « Raspberryshake » implantée par le BCSF-RéNaSS à Mayotte à la mairie de Pamandzi
Rapport de mission du GIM, et station sismique « Raspberryshake » implantée par le BCSF-RéNaSS à Mayotte à la mairie de Pamandzi
Source : BCSF?-RéNaSS?



Face à cette crise sismique inédite, le préfet de Mayotte a demandé et obtenu qu’une mission interministérielle composée de représentants de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crise (DGSCGC?) du ministère de l’Intérieur, de la Direction générale de la prévention des risques (DGPR?) du ministère de la Transition écologique et solidaire, et du BRGM. La mission s’est rendue sur place du 1er au 7 juin 2018 à la rencontre des acteurs locaux des services de l’Etat, des collectivités et de la population. A l’issue de cette mission, les experts ont émis des préconisations (améliorer la connaissance scientifique du phénomène, développer le plan de communication sur la crise sismique, renforcer le soutien psychologique de la population) dont la préfecture de Mayotte a largement tenu compte.

Dans un second temps, une mission « GIM » du BCSF-RENASS s’est déplacée du 12 au 14 juin 2018 dans les 17 communes de Mayotte, mobilisant quatre experts. Compte tenu de l’impossible distinction des effets propres à chaque séisme  , l’objectif de cette mission n’a pas été d’estimer des intensités communales, au sens propre du terme, mais d’établir un bilan du niveau d’endommagement des bâtiments, selon leur vulnérabilité  , produit par l’essaim sismique du 10 mai 2018 jusqu’à la date de l’enquête dans chaque commune. Ce bilan de dommages cumulés est à rapprocher d’une « valeur d’intensité communale équivalente » sans toutefois que cette valeur puisse être utilisée scientifiquement comme la caractéristique d’une secousse en particulier. Lors de cette mission, 63 bâtiments ont été analysés par l’équipe du GIM. Le rapport de mission est disponible sur le site internet du BCSF-RéNaSS.

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Plan de Prévention des Risques Sismiques de Lourdes
« Compte tenu du contexte sismique et des enjeux importants sur la commune de Lourdes dans les Hautes-Pyrénées, un Plan de Prévention des Risques Sismiques (PPRS?) a été prescrit par l’État le 8 juin 2007 pour orienter les démarches de réduction de la vulnérabilité   du bâti de la commune. Après plus de 10 années de travail et de nombreuses actions menées sur le sujet, le projet de PPRS élaboré par la direction départementale des territoires des Hautes-Pyrénées en collaboration avec le BRGM est actuellement soumis à une enquête publique (du 22 août au 29 septembre 2018).

Ce projet de plan de prévention des risques est un outil mis en place par l’État qui vise à préserver les vies humaines et à réduire le cout des dommages qu’entrainerait un séisme  . Il tend à affiner le zonage sismique national de niveau 4 à l’échelle de la commune, réglemente la construction des bâtiments neufs et prescrits des renforcements obligatoires sur les bâtiments existants afin de réduire leur vulnérabilité   au séisme  .
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Mise en place d’un groupe de travail pour améliorer la qualité de la construction en Guadeloupe
Dans le cadre du plan séisme   Antilles 2, la DEAL de Guadeloupe a initié un travail pour améliorer la qualité des constructions neuves. En effet, les contrôles réglementaires de la qualité de la construction montrent encore de nombreuses non conformités, pour partie graves. En dépit des actions pédagogiques réalisées lors des contrôles, ces non-conformités sont récurrentes et peuvent, en cas de séisme  , conduire à la mise en danger de personnes, notamment. Dans ce contexte, la DEAL a organisé en juin dernier, une rencontre des principaux partenaires guadeloupéens concernés afin de former un groupe de travail devant se réunir régulièrement.
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Colloque pour le cinquantenaire de la tectonique des plaques  
Longue à se dessiner mais finalement rapidement acceptée, la théorie de la tectonique des plaques   fut une révolution pour les sciences de la Terre au moment de sa naissance, à la fin des années 1960. La période coïncide avec la publication de trois textes fondateurs : en 1966, Walter Pitman et James Heirtzler expliquent les anomalies magnétiques de la dorsale océanique Est-Pacifique, en 1967, les Britanniques Dan McKenzie et Robert Parker travaillent sur le premier calcul de rotation de plaques rigides dans le Pacifique. Enfin, en 1968, Xavier Le Pichon produit le premier modèle cinématique global des plaques tectoniques. Les deux premières contributions ont respectivement été célébrées lors de deux colloques internationaux en 2016 et en 2017 aux États-Unis et en Angleterre. Ce troisième symposium, organisé les 25 et 26 juin 2018 au Collège de France à Paris par l’École normale supérieure, est venu clore le cycle, coïncidant avec le 50e anniversaire de l’article fondateur de X. Le Pichon.

Colloque tectonique

Pendant 2 jours, 21 conférenciers internationaux se sont succédés pour présenter l’état des connaissances scientifiques et les défis de la recherche actuelle sur le fonctionnement global de notre planète : la tectonique des plaques   sera-t-elle toujours le paradigme des sciences de la Terre dans 50 ans ?
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Le chiffre : 1 077
C’est le nombre de séismes détectés sur la station accélérométrique YTMZ de Mamoudzou, à Mayotte, depuis le début de l’essaim le 10 mai 2018.
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