Lettre du Plan Séisme - 2e trimestre 2018, Actualités

ActualitésActualités

Dans l’actualité de l’infolettre du 1er trimestre 2018 :

Nouvel arrêté concernant la réglementation parasismique pour les installations classées
L’arrêté du 4 octobre 2010 relatif à la prévention des risques accidentels au sein des installations classées pour la protection de l’environnement fixe, dans sa section II, des règles de tenue au séisme   applicables aux établissements Seveso « seuil haut » et « seuil bas », en imposant des règles plus exigeantes que celles dites de « risque normal » aux équipements susceptibles d’engendrer des morts hors du site en cas de séisme  . Cet arrêté a été modifié par un arrêté du 15 février 2018.

L’arrêté précédemment en vigueur imposait de réaliser de manière systématique des études sismiques particulières, sur la base du zonage sismique français, déterminant les travaux à réaliser sur les équipements industriels afin qu’aucune zone d’occupation humaine permanente (essentiellement les habitations) ne se trouve dans une zone de danger mortelle en cas de séisme  . Le périmètre des établissements concernés par cette exigence, ainsi que les échéances, ont été revus :
Zone sismiqueClasse de solAvantMaintenant
. . Seveso seuil bas Seveso seuil haut Seveso seuil bas Seveso seuil haut
1 A,B,C,D,E 31/12/2019 31/12/2019 Non exigé Non exigé
2 A,B,C
D,E 31/12/2021
3 A,B,C,D,E 31/12/2020
4 31/12/2022
5 31/12/2016 31/12/2016 31/12/2018 31/12/2018
L’ensemble des installations Seveso devront désormais réaliser un plan de visite des équipements identifiés comme critiques au séisme   dans l’étude de danger du site, afin de s’assurer de l’intégrité de ces équipements et de leurs fixations. Ce plan de visite doit être élaboré et mis en œuvre par l’exploitant avant le 1er janvier 2020.
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Sismicité   récente en France
Essaim sismique à Mayotte
Depuis le 10 mai 2018, Mayotte est secouée par des centaines de séismes dont une dizaine, de magnitude   supérieure à 4, ont pu être ressentis par la population. Seuls 6 de ces séismes ont été détectés par les réseaux sismologiques internationaux (USGS?) : il s’agit des séismes du 13 mai à 04h28 TU (M=4.6), du 14 mai à 04h12 TU (M=4.5), du 14 mai à 14h41 TU (M=5.1), et du 15 mai à 11h26 TU (M=4.7), 15h48 TU (M=5.8) et 20h25 TU (M=4.7). Le premier séisme   ressenti par la population est celui du 10 mai à 23h19 TU (non détecté par les réseaux internationaux), alors que le séisme   le plus important de cette crise sismique demeure à ce jour celui du 15 mai de magnitude   5.8, suite auquel la préfecture de Mayotte faisait état de trois blessés légers et de dommages a priori légers sur des bâtiments vulnérables.

Magnitude, et position de la zone d'occurrence des séismes
Magnitude, et position de la zone d’occurrence des séismes
Sources : BRGM?, USGS?



Cet essaim a pu être enregistré localement grâce aux trois stations du Réseau Accélérométrique Permanent (RAP?) gérées par le BRGM? et opérant à Kawéni, Dzaoudzi et Iloni. Environ 270 secousses ont été enregistrées à Iloni entre le 10 mai 08h et le 14 mai 08h dont environ 45 de magnitude   supérieure à 3.0.

L’archipel des Comores présente, le long de ses 500 kilomètres, une sismicité   diffuse et mal connue qui a probablement une double origine volcanique et tectonique. Cette sismicité   est régulière avec une fréquence relativement importante de séismes de magnitude   proche de 5. En revanche, aucun séisme   destructeur de magnitude   supérieure à 6 n’a à ce jour été enregistré à proximité de Mayotte.

Alors que Mayotte était hors du cadre réglementaire national jusqu’en 2011, la nouvelle réglementation parasismique s’y applique désormais. Le département de Mayotte est ainsi entièrement situé en zone de sismicité   modérée (zone 3).
Pour en savoir plus, consultez la note d’information du BRGM.

Séisme   en Alsace
Le 4 mai 2018, un séisme   de magnitude   3.5 selon le Laboratoire de Détection et de Géophysique du CEA? (CEA-LDG?), est survenu au niveau de la frontière franco-allemande, à une dizaine de kilomètres à l’Est de Mulhouse.
Largement ressenti en France dans le Haut-Rhin et notamment à Mulhouse, il a également été ressenti au Sud dans le département du Territoire de Belfort, et au Nord jusqu’à Strasbourg. Il a par ailleurs été ressenti en Allemagne dans la région de la Forêt-Noire.

Le niveau d’intensité des secousses rapportées par les témoignages recueillis par le Bureau Central Sismologique Français (BCSF?) demeure cependant modéré, avec localement des intensités de IV.
Séisme   à la Réunion
Dans la nuit du 27 au 28 février 2018, à 23h25 heure locale (19h 25 TU), un séisme   a été ressenti à la Réunion, « principalement dans les régions des Plaines et dans le secteur sud sud-ouest, et dans une moindre mesure jusqu’à Saint Denis » selon le communiqué de l’observatoire volcanologique du piton de la Fournaise (OVPF).

Rien d’exceptionnel au premier abord. Des petits séismes sont régulièrement ressentis à la Réunion (un par an en moyenne), trop petits pour occasionner des dommages, même légers, aux habitations. Trop petits pour être détectés par les réseaux de surveillances sismologiques mondiaux. Seul l’OVPF, avec ses stations de surveillance du volcan, permet de préciser la localisation de ces évènements, généralement sur l’île ou à faible distance des côtes, pour des magnitudes qui ne dépassent que très rarement 3.0.

Localisation du séisme du 27 février 2018 qui a touché l'île de la Réunion
Localisation du séisme du 27 février 2018 qui a touché l’île de la Réunion
Source : USGS?



Celui du 27 février est inhabituel d’abord par sa localisation : en plein Océan Indien à environ 60 km à l’Est-Nord-Est des côtes de la Réunion, ensuite par sa magnitude  , 4.0, suffisamment forte pour que le séisme   soit détecté par les réseaux de surveillance internationaux.

Le séisme   a également été ressenti (mais plus faiblement) à l’île Maurice située à environ 110 km de l’épicentre. Il faut remonter au 6 Janvier 1863 (155 ans !) pour avoir un événement similaire, ressenti à la fois à La Réunion et à Maurice. Le séisme   était plus fort que celui du 27 février, ressenti très largement sur les deux îles mais plus fortement à Maurice.

De tels séismes restent encore inexpliqués : non liés aux dorsales océaniques situées à 1000 km, non liés à l’activité volcanique de la Réunion. Parmi les hypothèses la flexure de la plaque lithosphérique sous le poids de l’île. En tout cas cela montre que même dans ce contexte intraplaque, des séismes de magnitude   4.0 ou plus restent possibles tout en étant exceptionnels.

Séisme   dans le Var
Un séisme   de magnitude   Mw=3.2 (MLDG=3.5), localisé à environ 18 km au nord de Fréjus (Var), a frappé le Var le 18 février 2018 à 05h47 heure locale. Sa profondeur est estimée à 12 à 20 km selon Géoazur. D’après le BCSF, ce séisme   a été ressenti dans une zone d’environ 15 km autour de l’épicentre avec une intensité maximale estimée à IV sur la base d’environ trois-cents témoignages recueillis dans la zone par le BCSF.
Carte d'estimation de la sévérité des secousses sismiques du séisme du 18 février 2018 dans le Var
Carte d’estimation de la sévérité des secousses sismiques du séisme du 18 février 2018 dans le Var
Source : GéoAzur
Séisme   en Vendée
Un séisme   de magnitude   modérée Mw 4.0, localisé à une profondeur comprise entre 2 et 10 kilomètres de profondeur selon le RéNaSS?, a frappé la Vendée le 12 février 2018 peu après quatre heure du matin en heure locale. D’après le CEA-LDG, l’épicentre de ce séisme   a été localisé à environ 21 km au nord-est de Fontenay-le-Comte. Ce séisme   a été largement ressenti dans une zone allant de Fontenay-le-Comte à Parthenay avec une intensité maximale estimée à V dans la zone proche de l’épicentre selon le Bureau Central Sismologique Français (BCSF) sur la base d’environ quatre-cents témoignages recueillis dans la zone.
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Restitution de la mission post-sismique AFPS? au Mexique
L’AFPS a organisé une mission post-sismique suite au séisme   de Puebla du 19 septembre dernier, avec le soutien du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire. Ce séisme  , de profondeur 56 km et de magnitude   Mw 7.1, était localisé dans l’état de Puebla, à une centaine de kilomètres du centre de la ville de Mexico. Il s’est produit 32 ans jour pour jour après le séisme   de Mexico de 1985. Le bilan du séisme   du 19 septembre 2017 a fait état de plus de 200 morts, et de dégâts matériels situés principalement dans la région épicentrale et dans la ville de Mexico. Le profil géologique de la ville de Mexico, construite sur les sédiments d’un ancien lac asséché, a eu pour effet de modifier localement l’amplitude et le contenu fréquentiel du mouvement du sol (effet de site). Les pertes sont estimées à environ 43 milliards de dollars US.

La mission AFPS s’est déroulée du 7 au 16 novembre, et a été dirigée par Marc Givry, architecte et chef de la mission. Elle était constituée d’un groupe de 8 personnes, travaillant dans des bureaux d’étude privés et organismes techniques et scientifiques publics, représentant diverses spécialités : architecture, aléa, géotechnique, et mécanique des structures. Certains des membres étaient également Inspecteurs d’urgence AFPS.

AFPS Mexique

La Restitution de cette mission a eu lieu à Paris, le vendredi 23 mars 2018 après-midi, dans les locaux du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire. Lors de cette demi-journée, l’équipe de la mission a présenté les principales observations qu’elle a pu faire sur le terrain, ainsi que les enseignements qui ont pu en être tirés. Les présentations faites lors de cette journée sont maintenant disponibles en ligne sur le site internet de l’AFPS.
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Réunion de lancement du projet POCRISC
Le 16 mars 2018, a eu lieu à Barcelone (Espagne) la réunion de lancement du projet POCRISC financé par le programme européen POCTEFA, et consacré à la thématique du risque sismique   à l’échelle du territoire Pyrénéen transfrontalier franco-italien-andorran.
L’objectif du projet POCRISC est de promouvoir une culture commune du risque sismique   dans les Pyrénées, par le développement d’approches harmonisées d’évaluation du risque, la diffusion d’informations partagée à destination des collectivités locales et du grand-public, et la mise en place d’outils d’aide à la décision adaptés aux besoins des gestionnaires de crise.
Ce projet, qui fait suite à deux précédents projets Interreg (ISARD et SISPyr), fédère dix partenaires, dont cinq partenaires français : le BRGM, le BCSF, L’Entente Valabre, l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tarbes (ENIT?) et la société DEVERYWARE. Sont également associés au projet, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL?) Occitanie, l’AFPS, l’Observatoire Midi-Pyrénées (OMP?) et l’Etat-major interministériel de zone (EMIZ) Sud.
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2nd workshop RESIF? « Aléa sismique   et shakemaps »
Dans le cadre du Réseau Sismologique et Géodésique Français (RESIF), un colloque sur le thème « Aléa sismique   & Shakemaps » a été organisé du 29 au 31 janvier 2018 à Montpellier. Ce colloque a réuni une cinquantaine de participants autour de deux thèmes principaux :

  • Processus et taux de déformation à l’origine de la sismicité   en France métropolitaine, modélisation et confrontation aux données géophysiques et géologiques ;
  • Shakemaps nationales de référence : objectifs, données, méthodes et outils dans le contexte national et international.
    Les présentations et débats ont été suivis par des chercheurs, ingénieurs et techniciens, étudiants, et praticiens impliqués dans l’étude de la sismicité  , le calcul de l’aléa sismique  , et le calcul de Shakemaps au sein de laboratoires de recherche, observatoires et entreprises français. Un tiers des participants représentait le monde de l’industrie ayant un intérêt fort en termes de mise à jour des connaissances et de suivi de l’orientation des futurs chantiers de recherche. Enfin, la participation de collègues de l’Observatoire Royal de Belgique, de l’ICGC Catalogne, et de l’ETH Zurich a apporté un complément international très utile et apprécié.
    L’ensemble des documents de ce workshop sont disponibles sur le site internet de RESIF.
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Le chiffre : 89
C’est le nombre de sismomètres (dont 9 sismomètres en fond de mer ) déployés en France autour du massif Alpin dans le cadre du programme de recherche européen AlpArray.
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