Lettre du Plan Séisme - 1er trimestre 2018, Actualités

ActualitésActualités

Dans l’actualité de l’infolettre du 1er trimestre 2018 :

Sismicité   récente en France
Antilles
Un séisme   de magnitude   modérée Mw=5.8, localisé à environ 67 km de profondeur, a frappé le Nord-Est des îles du Nord (Guadeloupe) le 24 décembre 2017 peu après 11h (heure locale). D’après l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de Guadeloupe (OVSG?), l’épicentre de ce séisme   a été localisé au nord-nord-est de Saint Barthélémy, à environ 28 kilomètres de l’île. Ce séisme   a été largement ressenti dans les îles du Nord avec une intensité maximale estimée à V dans la zone proche de l’épicentre selon le Bureau Central Sismologique Français (BCSF?) sur la base d’une cinquantaine de témoignages recueillis dans la zone.
Nouvelle Calédonie
Un séisme   de magnitude   Mw=7,0, localisé à environ 85 km des îles Loyauté et à 10 km de profondeur, a frappé la Nouvelle-Calédonie le 20 novembre 2017 à 09h44 heure locale (soit le 19 novembre à 23h44 heure de métropole).

D’après le Service Géologique Américain (USGS?), ce séisme   fait suite à une série de forts tremblements de terre qui secoue les îles Loyauté depuis le 31 octobre 2017 avec une première secousse de magnitude   6,8 et plus de 135 séismes de magnitude   supérieure à 4 depuis lors. Le séisme   du 19 novembre 2017 a été fortement ressenti sur les îles Loyauté, notamment à Maré, l’île la plus proche de l’épicentre, et jusqu’à Nouméa, sans provoquer de dégâts matériels. Une alerte tsunami   a été émise par le Pacific Tsunami   Warning Center peu de temps après la secousse, incitant les autorités à préconiser l’évacuation des bandes côtières des îles Loyauté, de Grande-Terre et de l’île des Pins. De fait, des mouvements anormaux du niveau de la mer ont été observés en Nouvelle-Calédonie et à Vanuatu après le séisme  .

La Nouvelle-Calédonie est située dans la zone de convergence   entre les plaques Pacifique et Australie, fortement active. L’aléa sismique   y est néanmoins considéré comme faible à très faible sur la plus grande partie du territoire du fait de l’éloignement des sources tectoniques les plus puissantes. Les zones les plus exposées sont les îles d’Ouvéa, Lifou et Maré (aléa modéré à moyen). Depuis 2010, la Nouvelle-Calédonie dispose d’un réseau sismologique géré par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD?) et composé de sept stations réparties essentiellement sur les zones les plus actives de la région, à savoir le sud de Grande-Terre et les îles Loyauté (www.seisme.nc).
Localisation du séisme néo-calédonien du 19 novembre 2017
Localisation du séisme néo-calédonien du 19 novembre 2017
Source : IRD?
Essaim sismique en Maurienne
Entre mi-octobre et mi-novembre 2017, la zone de La Chapelle dans la vallée de la Maurienne a été secouée par une série de séismes superficiels (environ 5 km de profondeur) de magnitudes majoritairement faibles mais allant jusqu’à des valeurs comprises entre 3,0 et 3,7 pour les tremblements de terre principaux (M=3,7 par exemple pour le séisme   du 27 octobre 2017). Ces séismes étant très superficiels, ils peuvent être fortement ressentis par la population.

D’après le réseau d’observation de la sismicité   alpine SISmalp, cette activité fait partie d’un essaim actif depuis 2015, qui montre une très nette recrudescence d’activité depuis l’automne 2017 avec plusieurs centaines de séismes de faible magnitude   enregistrés chaque jour suite aux chocs principaux.
Représentation en 3D de la localisation des épicentres de l'essaim sismique « de la Chapelle » (Maurienne) de septembre à novembre 2017
Représentation en 3D de la localisation des épicentres de l’essaim sismique « de la Chapelle » (Maurienne) de septembre à novembre 2017
Source : SISMalp
Retour au sommaire

10 ans du séisme   de Martinique du 29 novembre 2007
Les Antilles sont régulièrement frappées par des séismes de magnitude   modérée comme celui du 24 décembre 2017, mais ont aussi été le siège de plusieurs séismes historiques destructeurs, dont les plus notables demeurent ceux du 11 janvier 1839 et du 8 février 1843, qui ravagèrent à quelques années d’écart la Martinique puis la Guadeloupe.

Le 29 Novembre 2007 à 15h00 (heure locale), un très fort séisme   de magnitude   7.4 a été enregistré à 17 km au nord-est de Basse-Pointe en Martinique, à 152 km de profondeur. Ce séisme   a été ressenti sur l’ensemble de l’arc antillais et a provoqué des dégâts matériels sur l’île de la Martinique. Les intensités macrosismiques maximales observées durant ce séisme   ont atteint un degré VI-VII sur l’Est et le Sud de la Martinique et à Fort-de-France.
Retour au sommaire

SURICATE-Nat : Analyse automatique des séismes via Twitter
L’expérience montre que, en cas de survenue de catastrophe naturelle et tout particulièrement de séismes, il y a souvent des citoyens « connectés » au plus près des événements qui partagent en temps-réel leurs expériences ou leur vision de la situation via les réseaux-sociaux. Ce fut le cas dès 2010 lors du séisme   qui ravagea Haïti, puis au Japon en 2011, en Italie en 2012 puis 2016, etc. Du fait de son principe de messages courts avec la possibilité d’attacher du contenu multimédia, le réseau social Twitter, qui fédère une communauté habituée à commenter en direct le moindre événement / la moindre expérience du quotidien, est particulièrement efficace pour diffuser de premières informations extrêmement rapidement après la survenue d’un événement d’ampleur à tel point de pouvoir être utilisé quasiment comme un « capteur ».

Fort de ce constat, le BRGM? développe, en collaboration avec l’UTT (Université de technologie de Troyes) et avec le soutien de la Fondation MAIF, une plateforme participative d’analyse semi-automatique des messages en lien avec les catastrophes naturelles émis sur Twitter. Dénommée SURICATE-Nat (www.suricatenat.fr), cette plateforme considère chaque individu comme un capteur doué de 5 sens capable de restituer ses observations de manière spontanée et rapide. Mise en ligne en décembre 2017, la première version de SURICATE-Nat couvre à ce jour les séismes, avant de s’ouvrir prochainement aux inondations, puis à d’autres aléas naturels. En pratique, chaque Tweet émis en langue française et faisant référence à des termes liés aux séismes, est collecté est traité automatiquement par des algorithmes d’intelligence artificielle. Dans un second temps, ces messages sont également soumis aux internautes qui peuvent ainsi contribuer à l’analyse pour compléter et améliorer les modèles prédictifs. La plateforme étant actuellement en phase de test, ses auteurs encouragent les utilisateurs à leur faire part de leurs impressions.

Vue de la plateforme SURICATE-Nat, et flux d'activité Twitter associé au séisme de l'Ubaye du 7 avril 2014
Vue de la plateforme SURICATE-Nat, et flux d’activité Twitter associé au séisme de l’Ubaye du 7 avril 2014
source : BRGM?/UTT



Cette initiative originale ne s’inscrit pas en concurrence des canaux traditionnels de remontée d’information, mais bien en complémentarité : pour les séismes, il s’agit donc de compléter ce que « voient » les sismomètres ainsi que les citoyens engagés qui témoignent via le site internet du BCSF.

Retour au sommaire

Bilan de la première année (2016) de la 2nde phase du Plan Séisme   Antilles
Des travaux considérables restant à mener à l’issue de la première phase du plan séisme   Antilles (2007-2015), notamment sur les actions de réduction de la vulnérabilité   du bâti, une seconde phase du plan séisme   Antilles (PSA2) a été lancée lors du conseil des ministres du 27 juillet 2016 pour la période 2016-2020. Pour cette deuxième phase, l’État s’est engagé à mobiliser un montant total de 450 M€ (dont 290 M€ sur le fonds de prévention des risques naturels majeurs), soit une augmentation de 30% par rapport à la première phase du plan, pour soutenir notamment les travaux de confortement parasismique ou de reconstruction des collectivités, des bailleurs sociaux, des SDIS? et pour réduire la vulnérabilité   de ses propres bâtiments.

Un premier bilan du PSA2 au 31 décembre 2016 est disponible ici. Dans le cadre de la réduction de la vulnérabilité   du bâti, des actions de renforcement du bâti ont été achevées en 2016 sur quatorze établissements scolaires (12 écoles primaires et 2 collèges), sur dix établissements hospitaliers, sur des infrastructures de gestion de crise, sur le parc de logements sociaux (plus de 70 opérations terminées ou en cours à fin 2016) et sur des bâtiments de l’Etat. Dans le cadre des actions de prévention du risque sismique  , le bilan à fin 2016 met en exergue notamment l’élaboration de 4 PPRS? pilotes, la finalisation des microzonages sismiques de St Martin et St Barthélémy, la tenue de la 8e tenue des biennales du Réseau Accélérométrique Permanent (RAP?) en Guadeloupe dans le cadre des semaines SISMIK et la préparation d’un exercice séisme   de grande ampleur financé par la Commission Européenne (exercice Richter Caraïbes). Cet exercice s’est déroulé du 24 au 27 mars 2017.
Retour au sommaire

Prise en compte du risque sismique   dans la reconstruction post-cyclonique
Après les importants dégâts subis par les îles de Saint Martin et Saint Barthélémy suite au cyclone Irma, la phase de reconstruction est venue. Cette phase de reconstruction s’avère complexe aussi bien sur le plan technique puisqu’il faut tenir compte à la fois des risques liés aux cyclones mais également aux autres aléas naturels comme les séismes (les îles du Nord sont en zone de sismicité   5, la plus forte en France), mais également sur le plan institutionnel. En effet, depuis le changement de statut des deux îles en 2007, l’urbanisme est sous la compétence des collectivités de Saint Martin et Saint Barthélémy, l’état intervenant pour le contrôle de la légalité. Le 21 novembre 2017, un protocole de coopération pour « une reconstruction exemplaire et solidaire » a été signé entre l’Etat et la collectivité territoriale de Saint Martin sur la base des préconisations proposées par M. Philippe Gustin, Délégué Interministériel pour la reconstruction des îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Ces préconisations prévoient notamment la révision des documents d’urbanisme locaux tenant compte des prescriptions du plan de prévention des risques naturels élaboré par les services de l’état, et qui prend notamment en considération le risque sismique  .
Retour au sommaire

Retour sur les journées « renforcement parasismique » à Lourdes et aux Antilles
Une journée technique sur le renforcement parasismique s’est tenue le 29 septembre à Lourdes avec une quarantaine de participants. Cette journée a été organisée par la mairie de Lourdes, la Préfecture des Hautes-Pyrénées, le Centre Pyrénéen des Risques Majeurs (C-PRIM) et l’Association Française de Génie Parasismique (AFPS?), avec le soutien du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire (MTES). Le but de cette journée était de présenter aux maîtres d’ouvrages, aux maîtres d’œuvre et plus largement à tous les professionnels du Génie Civil les outils méthodologiques développés récemment pour les guider ou les assister dans une démarche de renforcement, ainsi qu’un certain nombre d’exemples opérationnels de renforcements sismiques déjà mis en œuvre sur différents types d’ouvrages : bâtiments, ponts, ouvrages géotechniques… Elle s’inscrit à ce titre dans les objectifs du Cadre d’Actions pour la Prévention du Risque Sismique   en cours sur le Massif Pyrénéen (CAPRiS) et piloté par la DREAL? Occitanie.

Une journée du même type, organisée par l’AFPS avec le soutien de la Direction Générale de Prévention des Risques (DGPR?) du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire (MTES), s’est tenue les 24 et 27 octobre 2017 respectivement en Martinique et en Guadeloupe.
Présentation de la journée renforcement parasismique à Lourdes
Présentation de la journée renforcement parasismique à Lourdes
source : cliché La Dépêche du Midi
Retour au sommaire

Le chiffre : 25
C’est le nombre de d’alertes sismiques déclarées par le CEA? en 2017, correspondant à des séismes significatifs survenus en France Métropolitaine.
Retour au sommaire